La Compagnie Désuète

 La Compagnie Désuète, créée en 2008, s’investit dans des créations singulières où la recherche artistique navigue dans le croisement des disciplines artistiques.

 Au sein de la compagnie, les créations ont toujours été générées par la nécessité de créer des matières physiques singulières. Depuis plusieurs années, la compagnie développe un travail axé sur la danse,la marionnette, et théatre gestuel qu'elle nomme la marionnette Chorégraphique . "Plus rien ne bouge" est la  création "atypique" qui revelle ce langage de la marionnette chorégraphique.

La compagnie emploie également, le Contact Improvisation ainsi que du « partnering » comme  mode de création des productions artistiques, depuis  « Toute Ouïe », danse avec un non danseur dans l’espace public, jusqu’au laboratoire autour du Duo(s).

 

Travaillant en étroite collaboration avec les compositeurs musicaux, la compagnie crée des  pièces visuelles et chorégraphiques.

Ces spectacles ont été présentés à travers la France, ainsi qu’en Belgique, Israël, Jordanie et au Canada.

 

 

Plus Rien ne Bouge 6

Article de Evelyne Trân, théatre au vent.blog.Le Monde

 

« Gosses, nous nous camouflions sous des draps pour avoir l’air de fantômes et surprendre nos parents » nous a raconté un spectateur quelque peu ému à l’issue du spectacle d’Aurélie GALIBOURG « Plus rien ne bouge ».

Au fond c’est l’idée de la surprise qui tient à  cœur cette artiste danseuse qui a envie de capter sinon de séduire tous les êtres invisibles qui se cachent aussi bien sous  une montagne d’habits, un fauteuil capuchonné, une armoire, un lit, sous ou derrière la porte. C’est si  naturel chez elle, que nous ne nous étonnons pas de la voir danser avec une curieuse créature, un squelette.

 La voilà à la fois impatiente et pleine d’attentions dans cette émotion extraordinaire d’avoir au bras d’un être qui se gratifie lui-même d’innocence car il n’est coupable de rien, il n’a pas de visage, il n’est ni beau, ni laid, il est plus chargé de vie que n’importe quelle marionnette puisqu’il peut nous représenter tous à l’état de squelette.

 A vrai dire Aurélie GALIBOURG pourrait aussi bien danser avec un être vraiment invisible, mais l’on sent bien sa pétulance physique, elle fait penser à un oiseau qui se perchant sur n’importe quelle branche, poteau ou  statue l’anime soudain par sa seule présence.

 L’on peut aussi penser à Eurydice qui aurait pris la place d’Orphée à la poursuite de son amour. Belle référence mythologique mais le spectacle s’adresse aussi aux enfants qui peuvent vraiment être impressionnés par  la stature de ce personnage de squelette.

 Qui ne se souvient pas enfant d’avoir rêvé autour d’une gravure de Gustave DORE représentant la mort sous forme de squelette. La mort devenue un personnage très expressif pouvait contenter des rêves sans fin.

 A corps perdu, n’allons-nous pas nous adultes à la rencontre de nos fantasmes les plus chers, mais nous sommes nous demandé si nous n’étions pas sans le savoir parfois convoqués par quelques fantômes.

 Le personnage que joue Aurélie est enjoué, fier comme une femme enfant,  sensuel, il ne déguise pas sa soif de vie et veut la communiquer à tout ce qui l’environne, ce n’est pas un squelette encore bien vivant qui pourrait lui résister.

 Une histoire d’amour transpire dans la dramaturgie de ce spectacle, une histoire d’amour avec la vie où la mort ne cesse pas d’être présente.

 Question d’ombre et de lumière sans doute. Dans son dernier tableau, HOKUSAI montre de façon particulièrement gracieuse une jeune femme squelette à la recherche de son amour. Parce qu’elle exprime des sentiments, cette  jeune femme qui a l’air un peu de flotter semble véritablement vivante.

 Nous n’hésitons pas à dire qu’il faudrait un peintre du talent d’HOKUSAI, pour rendre compte de toutes les nuances, les dégradés de lumière mouvementés par la chorégraphie d’Aurélie GALIBOURG.

 Cette artiste a beaucoup de cordes à son arc puisqu’elle est à la fois danseuse, mime, comédienne et marionnettiste. Tous ces talents conjugués servent une belle imagination, un esprit poétique fantaisiste et lyrique à l’œuvre dans ce spectacle plein de charme, tout public.

 Paris, le 13 Décembre 2014               Evelyne Trân

 

Article de Thierry Voisin _ Télérama

 

Eprouvée et silencieuse, une femme enlace, embrasse et danse avec un squelette. Celui de l'homme qu'elle a aimé, mort à la guerre. Elle veut préserver son amour, bien au-delà des limites du temps et des caprices du destin. Jusqu'à l'infini. Aurélie Galibourg (délicate interprète) apporte une douce folie à son personnage de veuve combative et rend étrangement émouvant ce duo de marionnettes, à la fois poétique et sensuel, qui fut l'une des bonnes surprises du dernier festival Les Zaccros d'ma rue (Nevers).

Novembre 2014     Thierry Voisin

 

 

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